“ Il faut accepter vos douleurs chroniques, elles seront toujours là ! ”
Si vous vivez avec des douleurs chroniques, il y a de fortes chances que vous ayez déjà entendu cette phrase, prononcée par un médecin, un thérapeute ou même un proche.
Elle se veut souvent rassurante. Pourtant, lorsqu’on souffre depuis des mois ou des années, elle peut être particulièrement difficile à entendre.
Car derrière ces quelques mots se cache une question essentielle : faut-il vraiment accepter de vivre avec la douleur ? Est-ce que cela signifie renoncer à aller mieux ? Est-ce que les douleurs chroniques sont forcément condamnées à rester une présence permanente dans notre vie ?
Accepter une réalité que l’on n’a pas choisie est déjà difficile. Mais accepter l’idée que rien ne changera jamais peut être encore plus douloureux.
Alors, que signifie réellement l’acceptation ? Et surtout, est-ce que les douleurs chroniques peuvent réellement être mieux vécues grâce à elle ?
La réponse est bien plus nuancée qu’un simple oui ou non.
Pourquoi cette phrase peut-elle faire mal ?
Lorsqu’une douleur devient chronique, elle ne touche pas uniquement le corps.
Elle bouleverse souvent toute une vie.
La personne qui souffre doit apprendre à composer avec une fatigue permanente et des activités qu’elle ne peut plus faire comme avant. Des projets sont parfois reportés, des incompréhensions peuvent apparaître dans l’entourage, avec parfois ce sentiment douloureux de ne plus être la même personne qu’avant.
Elle cherche des réponses. Elle consulte. Elle essaie des traitements. Elle expérimente différentes solutions.
Alors, entendre : “ Il faut accepter, ce sera toujours comme ça ” peut parfois donner l’impression qu’il n’y a plus d’espoir.
Et une pensée peut alors apparaître :
“ Si j’ai encore mal, est-ce que c’est de ma faute ? ”
Cette idée peut être extrêmement culpabilisante.
Car personne ne choisit de vivre avec des douleurs chroniques. Personne ne décide de souffrir.
L’acceptation ne doit jamais devenir une nouvelle épreuve à réussir.
Accepter ne veut pas dire abandonner
Le mot acceptation est souvent mal compris.
Accepter ne signifie pas aimer sa douleur, renoncer à chercher des solutions ou se résigner à une vie limitée.
Accepter, c’est reconnaître une réalité présente aujourd’hui, sans passer toute son énergie à lutter contre le fait qu’elle existe.
Vivre avec des douleurs chroniques peut parfois ressembler à une bataille permanente.
Une lutte contre son corps, contre les journées où rien n’est possible, contre les rendez-vous médicaux qui n’apportent pas toujours de réponses, contre cette vie qui a changé sans qu’on l’ait choisie.
Mais une bataille permanente épuise. Elle demande une énergie considérable.
Accepter ne signifie pas déposer les armes et abandonner. Cela signifie parfois arrêter de se battre contre ce qui est déjà là pour pouvoir utiliser cette énergie autrement.
Cela peut vouloir dire apprendre à écouter son corps plutôt que de lui en vouloir, respecter ses limites sans renoncer à ses envies, retrouver des moments de plaisir, prendre soin de soi différemment ou encore explorer de nouvelles approches et travailler sur les émotions qui accompagnent la douleur.
L’objectif n’est pas de nier la douleur.
L’objectif est qu’elle ne devienne pas la seule définition de votre vie.
La douleur peut prendre une place importante dans votre quotidien, mais elle ne doit pas forcément prendre toute la place.
Pourquoi l’acceptation peut-elle parfois aider ?
Les douleurs chroniques sont une expérience physique, mais elles sont aussi influencées par notre état émotionnel.
Notre cerveau analyse en permanence les informations provenant de notre corps, mais également notre niveau de stress, notre fatigue, nos émotions et notre sentiment de sécurité.
Lorsque nous sommes constamment dans la lutte, dans la peur de la prochaine crise ou dans la colère contre ce qui nous arrive, notre système nerveux peut rester en état d’alerte.
Et un système nerveux en alerte peut amplifier la perception des sensations douloureuses.
Cela ne signifie pas que la douleur est imaginaire ou “ dans la tête ”.
Elle est bien réelle.
Mais cela explique pourquoi les douleurs chroniques peuvent être plus intenses lors de périodes de stress intense, de fatigue importante ou de bouleversements émotionnels. En diminuant cette lutte intérieure, l’acceptation peut parfois permettre d’apaiser une partie de cette tension.
La douleur est toujours présente, mais la souffrance qui l’accompagne peut diminuer.
Alors, accepter les douleurs chroniques permet-il vraiment de moins souffrir ?
Oui… mais pas de la manière dont on l’imagine parfois.
Accepter les douleurs chroniques ne signifie pas qu’elles vont disparaître comme par magie.
Ce n’est pas une question de volonté et ce n’est certainement pas une méthode miracle.
Certaines personnes acceptent profondément leur situation et continuent malgré tout à souffrir.
D’autres ressentent un changement important, non pas parce que la douleur a disparu, mais parce qu’elle occupe moins d’espace dans leur vie.
Elles recommencent à profiter d’un moment agréable sans penser uniquement à leur douleur. Elles retrouvent des projets, des relations, des envies.
Elles redeviennent autre chose qu’une personne qui souffre.
Une dimension émotionnelle parfois présente
Toutes les douleurs chroniques ne sont pas liées aux émotions. Il est essentiel de le rappeler.
Une maladie, une atteinte physique ou un dysfonctionnement du corps sont bien réels.
En revanche, nous savons aujourd’hui que le stress chronique, certaines blessures émotionnelles ou des expériences difficiles peuvent influencer notre système nerveux et notre manière de vivre la douleur.
C’est dans cette dimension que l’hypnothérapie peut accompagner les personnes souffrant de douleurs chroniques. Non pas en affirmant que la douleur n’existe pas, mais en travaillant sur la façon dont elle est ressentie, perçue et vécue.
Lorsque le cerveau sort progressivement d’un état d’alerte permanent, il devient possible de modifier le ressenti douloureux, de diminuer l’intensité perçue de la douleur et de retrouver davantage de ressources pour mieux vivre au quotidien.
Chaque histoire est différente.
Chaque personne avance à son propre rythme.
En conclusion
Les douleurs chroniques peuvent transformer une vie et demander une adaptation permanente.
Mais accepter ne signifie pas abandonner.
Accepter, c’est parfois arrêter une lutte épuisante contre une réalité présente pour pouvoir consacrer son énergie à ce qui peut réellement améliorer son quotidien.
Ce n’est pas dire : “ Je renonce. ” mais plutôt : “ Voilà ce qui est là aujourd’hui. Comment puis-je prendre soin de moi malgré cela ? ”
Parfois, c’est justement en cessant cette lutte permanente qu’une nouvelle forme de liberté peut commencer.
Si vous vivez avec des douleurs chroniques et que vous ressentez le besoin d’être accompagné pour mieux comprendre ce qui se passe en vous, je vous invite à prendre rendez-vous ici.
À bientôt,
Hélène