« Alors, depuis notre dernière séance, qu’est-ce qui a changé ? »
« Rien. »
C’est une réponse que j’entends parfois lorsque je prends des nouvelles d’une personne que j’ai accompagnée. Et puis, en discutant un peu, le « rien » commence doucement à se transformer.
« Bon… c’est vrai que je réagis différemment dans cette situation. »
« Maintenant que vous me le dites, je n’accepte plus certaines choses. »
« Ah oui… je n’avais pas fait le rapprochement, mais c’est vrai que je fais ça différemment maintenant. »
Et petit à petit, ce « rien n’a changé » devient finalement une liste de petites choses qui ont évolué.
Nous attendons souvent un changement spectaculaire
Lorsque nous souhaitons changer quelque chose dans notre vie, nous avons souvent une idée assez précise de ce que nous attendons. Nous imaginons que nous allons nous sentir profondément différents, que nos réactions vont complètement changer, que nous allons enfin réussir à faire ce que nous n’arrivions pas à faire jusque-là.
Nous attendons de voir le changement comme on constaterait un événement : quelque chose de visible, de net, presque évident.
Mais la réalité est souvent beaucoup plus discrète.
Le changement peut se trouver dans une réaction qui n’est plus la même, dans une émotion qui dure moins longtemps, dans une situation qui nous touche encore mais à laquelle nous ne répondons plus comme avant.
Il peut se trouver dans une limite que nous osons poser, dans une chose que nous n’acceptons plus ou dans une pensée qui apparaît encore mais à laquelle nous ne croyons plus automatiquement. Et parce que ces nouvelles façons de faire deviennent progressivement naturelles, nous finissons par ne plus les remarquer.
L’impression que rien n’a changé
C’est peut-être justement ce qui nous donne cette impression de stagnation.
Nous cherchons le changement là où nous pensions qu’il devait se trouver, alors qu’il s’est peut-être installé ailleurs.
Prenons quelqu’un qui vient travailler sur sa peur du regard des autres. Il peut imaginer qu’un jour il n’aura plus aucune appréhension, qu’il pourra parler devant tout le monde sans ressentir la moindre gêne et qu’il ne se demandera plus jamais ce que les autres pensent de lui.
Quelques semaines plus tard, il peut me dire : « Ça n’a pas vraiment changé. J’ai encore peur du regard des autres. »
Mais en regardant les choses de plus près, il réalise qu’il a donné son avis lors d’une réunion alors qu’il se serait tu auparavant. Qu’il a refusé quelque chose sans passer trois jours à culpabiliser. Qu’il a fait un choix sans demander l’approbation de son entourage. Qu’il pense encore au regard des autres, mais que celui-ci ne décide plus systématiquement à sa place.
La peur n’a peut-être pas disparu.
Mais elle n’a plus la même place.
Et cela, c’est déjà un changement.
Quand le changement devient notre nouvelle façon de faire
Nous avons aussi tendance à mesurer notre évolution à partir de l’objectif de départ.
Si nous voulions ne plus être anxieux, nous cherchons à savoir si nous sommes devenus complètement sereins. Si nous voulions apprendre à poser nos limites, nous attendons de ne plus jamais dire oui lorsque nous voudrions dire non. Si nous voulions avoir davantage confiance en nous, nous imaginons qu’un jour nous ne douterons plus.
Et lorsque nous constatons qu’il reste encore des difficultés, nous pouvons conclure trop rapidement que rien n’a changé.
Comme si le changement ne comptait que s’il était total.
Pourtant, nous évoluons par étapes. Certaines situations changent avant d’autres, certaines avancées sont très visibles et d’autres beaucoup plus discrètes.
Il peut même arriver que notre entourage remarque quelque chose avant nous.
« Tu ne réagis plus comme avant. »
Et nous pouvons répondre : « Ah bon ? Je n’avais pas remarqué. »
C’est assez logique. Nous sommes à l’intérieur de notre propre changement. Nous vivons nos journées, nos pensées, nos réactions. Ce qui aurait semblé inhabituel quelques mois auparavant peut devenir notre nouvelle façon de faire sans même que nous en ayons conscience.
Et si nous ne regardions pas au bon endroit ?
C’est peut-être cela, finalement, qui rend le changement si difficile à mesurer.
Nous attendons de ressentir que nous avons changé, alors que le changement est justement devenu tellement familier que nous ne le remarquons plus.
Il peut alors être intéressant de ne pas seulement nous demander : « Qu’est-ce qui a changé ? »
Mais plutôt : « Qu’est-ce que je fais aujourd’hui que je ne faisais pas avant ? »
Ou encore : « Qu’est-ce qui est différent dans ma façon de réagir, de penser ou de choisir ? »
Ces questions nous obligent à regarder les choses autrement. Et il est possible que nous découvrions alors que le « rien n’a changé » n’était pas tout à fait vrai.
Il y a peut-être eu des changements que nous n’avions simplement pas appris à regarder.
Le changement n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être réel. Il peut être discret, progressif, presque invisible au quotidien. Et lorsque nous prenons le temps de regarder autrement, nous pouvons découvrir que nous vivons déjà certains changements que nous attendions.
Et si vous regardiez votre propre changement autrement ?
Si vous avez le sentiment que rien ne change dans votre vie, peut-être pourriez-vous commencer par regarder les choses autrement.
Plutôt que de vous demander uniquement ce qui a changé, observez ce que vous faites aujourd’hui que vous ne faisiez pas avant. Une réaction différente, une limite posée, une décision prise plus facilement, une situation qui vous atteint moins qu’avant.
Ces petits changements peuvent sembler insignifiants lorsqu’ils deviennent notre quotidien. Pourtant, ils peuvent être le signe que quelque chose a déjà évolué.
Si vous avez envie de comprendre ce qui se joue en vous ou de faire évoluer un fonctionnement qui ne vous convient plus, l’hypnothérapie peut vous offrir un espace pour avancer à votre rythme.
Je vous accompagne dans cette démarche, au cabinet à Castres ou en visioconférence.
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À bientôt,
Hélène